Mesurer l’impact environnemental dans le secteur manufacturier

À l’occasion de la Semaine nationale de l’arbre et des forêts, les discussions se tournent naturellement vers les forêts, les ressources naturelles et notre responsabilité collective à les préserver. Pour les manufacturiers, particulièrement ceux qui travaillent avec le papier et le carton, c’est aussi l’occasion de réfléchir plus largement à leur empreinte environnementale et, surtout, à la façon de la mesurer.

Les objectifs de développement durable occupent une place croissante dans les stratégies manufacturières. Mais avant de pouvoir réduire son impact environnemental, une entreprise doit d’abord comprendre d’où il provient.

C’est là que la mesure devient essentielle.

La performance environnementale ne se résume pas à un seul chiffre. Consommation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre, utilisation des matières premières, gestion des déchets et consommation d’eau sont autant d’indicateurs qui permettent de mieux comprendre l’impact des activités manufacturières.

Le défi consiste à déterminer quels indicateurs sont les plus pertinents et à les mesurer de façon suffisamment constante pour transformer les données en actions concrètes.

Commencer par établir un point de référence

Pour s’améliorer, il faut d’abord savoir d’où l’on part.

Établir un portrait de référence permet de mesurer l’évolution de la performance environnementale dans le temps. Selon les activités de l’entreprise, celui-ci peut inclure la consommation annuelle d’électricité et de combustibles, les émissions de gaz à effet de serre, les matières utilisées, les déchets générés ou encore la consommation d’eau.

Des normes internationales peuvent aider à structurer cette démarche. La norme ISO 14031, par exemple, fournit des lignes directrices pour évaluer la performance environnementale d’une organisation et sélectionner des indicateurs dans une perspective d’amélioration continue. [En savoir plus sur ISO 14031.]

Chez Produlith, l’un des outils que nous utilisons pour mieux comprendre notre propre performance est la réalisation d’un bilan carbone annuel. Mesurer nos émissions année après année nous permet de suivre notre évolution et de mieux cibler les possibilités d’amélioration.

Un portrait de référence permet également de distinguer les réductions absolues des gains d’efficacité. Un manufacturier en croissance pourrait, par exemple, consommer davantage d’énergie au total tout en réduisant sa consommation par unité produite. Examiner à la fois l’impact global et l’intensité permet donc d’obtenir un portrait plus complet.

Quels indicateurs mesurer?

Les indicateurs les plus pertinents varient selon les installations, les procédés et les priorités environnementales de chaque entreprise. Certains sont toutefois particulièrement utiles dans le secteur manufacturier.

La consommation d’énergie

Suivre la consommation d’électricité, de gaz naturel et d’autres sources d’énergie permet de mieux comprendre où l’énergie est utilisée et d’identifier des possibilités d’amélioration. Ressources naturelles Canada encourage notamment les installations industrielles à utiliser des outils comme les audits énergétiques, les systèmes de gestion de l’énergie et l’analyse comparative afin d’améliorer continuellement leur performance énergétique. [Découvrir les ressources de Ressources naturelles Canada.]

Pour les manufacturiers qui investissent dans de nouveaux équipements et de nouvelles technologies, la mesure permet également d’évaluer si ces investissements se traduisent, avec le temps, par des gains en efficacité énergétique ou opérationnelle.

Les émissions de gaz à effet de serre

Un inventaire de gaz à effet de serre permet de regrouper différentes sources d’émissions sous une mesure commune, généralement exprimée en tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (CO₂e).

Le GHG Protocol classe les émissions d’une entreprise en trois catégories. Le Scope 1 couvre les émissions directes provenant de sources détenues ou contrôlées par l’entreprise. Le Scope 2 concerne les émissions indirectes associées à l’énergie achetée, tandis que le Scope 3 englobe les autres émissions indirectes liées à la chaîne de valeur. [Découvrir le GHG Protocol.]

Comprendre ces différentes catégories permet aux manufacturiers d’avoir une vision plus complète des émissions directement liées à leurs opérations, mais aussi de celles associées plus largement à leurs activités.

Chez Produlith, notre bilan carbone nous permet également de quantifier les effets de certaines actions déjà mises en place. Nos initiatives environnementales ont notamment contribué à éviter environ 660 tonnes de CO₂, nous donnant ainsi un indicateur concret pour mieux comprendre les progrès réalisés.

Les matières et les déchets

Dans le secteur manufacturier, la performance environnementale est également étroitement liée aux matières qui entrent dans l’usine et à ce qui en ressort.

La quantité de matières premières utilisées, les déchets de production générés, les taux de récupération et de recyclage ainsi que les matières destinées à l’élimination sont autant d’indicateurs pertinents.

Cette réalité est particulièrement importante dans l’industrie de l’impression et de l’emballage, où l’optimisation de l’utilisation et de la récupération du papier et du carton peut directement contribuer à une meilleure efficacité des ressources.

Cette réflexion commence également en amont, avec le choix et la provenance des matières. Chez Produlith, nous privilégions notamment l’approvisionnement local pour notre carton et proposons différentes options de cartons recyclables et certifiés. Nos certifications FSC, SFI et PEFC permettent également d’intégrer des principes de gestion responsable des forêts et de traçabilité à notre chaîne d’approvisionnement.

En production, notre système automatisé de tri du carton permet de séparer les retailles selon le type de matière afin de faciliter leur récupération et leur recyclage. C’est un exemple concret de la façon dont les processus opérationnels peuvent également contribuer aux objectifs environnementaux.

La gestion des matières touche également les autres intrants utilisés en production. Produlith utilise notamment des encres à base d’eau, tandis que les résidus d’encre sont récupérés par notre fournisseur afin d’en assurer le recyclage et la gestion.

Ces exemples montrent aussi pourquoi la performance environnementale ne peut pas être évaluée à partir d’un seul indicateur. Les émissions de GES sont importantes, mais la provenance des matières, leur utilisation et leur fin de vie contribuent également au portrait global.

La consommation d’eau

Pour les activités où l’eau représente une ressource importante, mesurer la consommation totale ainsi que son intensité peut permettre d’identifier des possibilités de conservation et d’amélioration des procédés.

Tous les indicateurs environnementaux n’ont toutefois pas la même importance pour chaque manufacturier. Une démarche efficace consiste aussi à déterminer lesquels sont réellement significatifs en fonction de la réalité de ses opérations.

Passer de la mesure à l’amélioration

Recueillir des données n’est que la première étape. Leur véritable valeur réside dans la façon dont elles sont utilisées pour orienter les décisions.

Les manufacturiers peuvent comparer leur performance dans le temps, établir des objectifs et déterminer si des changements opérationnels ou de nouveaux investissements produisent les résultats attendus.

L’analyse comparative peut également apporter un contexte supplémentaire. Ressources naturelles Canada met à la disposition des entreprises des ressources sectorielles permettant de mieux comprendre leur performance énergétique par rapport à différentes industries. [Consulter les guides d’analyse comparative de RNCan.]

La mesure permet également de constater que performance environnementale et performance opérationnelle peuvent aller de pair. L’efficacité énergétique, l’optimisation des matières et la réduction des déchets peuvent contribuer aux objectifs environnementaux tout en améliorant l’efficacité des opérations. [Natural Resources Canada 2026 report.]

Mesurer aujourd’hui pour mieux agir demain

La Semaine nationale de l’arbre et des forêts est l’occasion de souligner l’importance d’une ressource naturelle étroitement liée à notre industrie. Mais la responsabilité environnementale dans le secteur manufacturier va bien au-delà de la matière elle-même.

Elle implique de mieux comprendre les ressources que nous consommons, les déchets que nous générons et les émissions associées à nos activités, puis d’utiliser ces informations pour prendre des décisions plus éclairées.

Chez Produlith, notre bilan carbone annuel, nos initiatives de gestion des matières résiduelles et nos investissements continus s’inscrivent dans cette démarche. Nous continuons à mesurer, à apprendre et à identifier les endroits où des améliorations concrètes peuvent être apportées.

Parce qu’il est difficile d’améliorer ce que l’on ne comprend pas encore pleinement. Mesurer, c’est se donner un point de départ pour progresser.

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